Quand Kufa se leva, ce matin là, ça n'allait pas. Il se sentait triste, accablé, malheureux. Mais il savait pourquoi. Aujourd'hui, c'était son anniversaire, où plutôt, cela faisait à présent trois ans que sa mère était morte. Pas,celle adoptive, non, la vraie. Trois ans que son père l'avait banni, Trois ans qu'il s'appelait...Kufa. Mort, la mort. Chaque jour, son nom lui rappelait ce dont on l'accusait, alors qu'il n'avait rien fait.
La mort dans l'âme, il sorti du camp, et se dirigea vers le cimetière. Sa mère n'y était pas enterrée, mais il faisait comme si. Il marcha, longtemps, triste, se demandant ce qu'il avait fait, pourquoi lui...Il arriva bientôt aux portes du cimetière, enfin, ce qu'on pouvait désigner comme une porte n'était autre que deux tas d'ossements, parallèles. Kufa rentra, et se dirigea dans un coin. Là, fréquemment, il venait déposer une fleur, une plante, un fruit. Ce n'était rien, mais il espérait ainsi montrer à sa mère qu'il pensait à elle.
Là, il déposa une fleur, une petite fleur rouge, au pétales fins. Il repensa à tout cela, son père, sa sœur qu'il n'avait pas connu. Alors, il releva la tête et cria:
-Pardonnes-moi, Maman
La pluie se mit à tomber, collant ses poils, le trempant de la tête au pied, mais il n'en avait rien à faire. Il continua, d'un ton emplie de tristesse, mais aussi de colère:
-Mais je n'aie rien fait! Ce n'est pas moi!
D'un ton bas, il souffla:
-Je ne voulais pas...
Il en voulait à son père. De l'avoir banni, de l'avoir appelé "Mort", de l'avoir accusé. Mais ce n'était pas lui, c'était le destin...
[triste, hein?!]